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Paris, le 19 janvier 2006

EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE, RECRUTEMENTS EXTERNES 2006

Suite à un courrier (lire) adressé le 5 janvier 2006 au Ministre par le SNEP, dénonçant la baisse de plus de 50 % aux recrutements externes, P.Y DUWOYE Directeur des Personnels Enseignants vient de rendre publique une réponse (PDF, 41 Ko). Le SNEP répond aujourd'hui aux arguments du gouvernement

1) On aurait recruté plus d'enseignants que de départs en retraite alors que les besoins seraient en diminution.


è FAUX, car les recrutements externes entre 2002 et 2005 ont été inférieurs au nombre de collègues partis à la retraite

Selon la Direction des Personnels Enseignants ": pour les rentrées scolaires 2002 à 2005, 5672 enseignants d'EPS ont été recrutés par les concours. 5070 sorties ont été constatées. Si l'on prend en compte la baisse des effectifs d'élèves, les besoins d'enseignement et de suppléance ont été pour la période de 4440 enseignants d'EPS"

Pour justifier cette affirmation, la DPE procède à un curieux amalgame en comptabilisant l'ensemble des recrutements externes et internes. Or objectivement, elle aurait dû ne prendre en compte que les recrutés aux concours externes et concours 3eme voie. En effet tous ceux qui sont passés par les concours internes étaient déjà employés l'année précédente en tant que titulaire (CE accédant au corps des profs, profs d'EPS accèdent au corps des agrégés) ou en tant que non titulaires, déjà devant élèves. Contrairement à ce qu'affirme la DPE, ce sont 4517 enseignants NOUVEAUX qui ont été recrutés par les concours externes et 3eme voie alors que les départs à la retraite étaient à la hauteur de 5070.
L'EPS a donc déjà beaucoup perdu.

2) La baisse des postes aux concours serait justifiée par les effets de la nouvelle loi sur les retraites.

è FAUX : les départs ne sont que légèrement différés, il faut donc anticiper, programmer et lisser les recrutements sur plusieurs années.

Selon la DPE : "on constate un report de l'ordre d'une ou deux années des départs à la retraite et des entrées en CPA en forte baisse qui devraient réduire des 2/3 d'ici en 2008 le nombre des agents ayant opté pour cette modalité de départ".

Certes, la nouvelle loi sur les retraites a des conséquences sur les départs à la retraite et le nombre d'entrées en Cessation Progressive d'Activité. La DPE constate une baisse des départs à hauteur de 15% et une baisse d'entrée en CPA de l'ordre des 2/3. Comme elle le reconnaît, il ne s'agit que d'un report ce qui signifie que les départs à la retraite s'ils sont momentanément repoussés ne sont retardés que de 1 ou 2 ans. Il faudra bien les remplacer : les collègues, qui en septembre 2004 ou 2005 ont repoussé leur départ partiront en 2006 ou 2007 or les jeunes recrutés au concours 2006 ne seront titulaires qu'à la rentrée 2007.

3) 850 enseignants d'EPS seraient en sureffectif à la rentrée 2005

è FAUX : En retenant l'argumentation de la DPE, il manquerait en réalité 333 enseignants d'EPS.

Selon la DPE : " Ce sont ainsi 1230 titulaires de plus que les besoins qui ont été recrutés dont environ 400 ont pris la place de contractuels qui n'ont plus été réembauchés; restent toutefois, à cette rentrée prés de 850 titulaires en sureffectifs".

Pour justifier son affirmation la DPE utilise 3 chiffres :

  • 5672 enseignants d'EPS recrutés (concours internes, externes,….. on ne sait trop !)
  • 5070 sorties d'enseignants
  • 4440 enseignants "qu'il aurait fallu recruter" selon les critères de l'administration

Par rapport à ce chiffre de 4440 besoins en enseignants d'EPS dont l'origine n'est pas expliquée, ce ne sont pas 1230 enseignants supplémentaires qui ont été recrutés. En effet, puisque seulement 4517 recrutements externes ont été réalisés entre 2002 et 2005, la différence entre ceux-ci et les besoins évalués par l'administration à 4440 nouveaux enseignants d'EPS ne donne plus que 67 recrutements "supplémentaires". En poursuivant le raisonnement de la DPE : puisque 400 de ces enseignants "supplémentaires" ont été recrutés et utilisés à la place de 400 contractuels mis au chômage, en réalité il manquerait 333 enseignants d'EPS.

4) Une volonté de sous estimer les besoins en EPS :

è Seulement 415 enseignants recrutés pour des départs à la retraite de plus d'un millier, sans compter les sorties diverses.

Selon la DPE " C'est cette analyse qui a conduit à offrir au total 555 postes aux concours d'EPS en 2006"

De nouveau la DPE globalise les recrutements externes et internes. La réalité, ce ne sont que 415 recrutements externes réalisés (CAPEPS 400, agrégation 15)

Si l'on considère selon les chiffres de la DPE 5070 sorties sur les 4 dernières années, cela fait une moyenne de 1250 sorties par an.

  • Même en admettant que les départs en retraite en 2004 et 2005 aient pu momentanément baisser, ils vont forcément remonter dès 2006 (pic en 2007,2008, 2009).
  • Même en admettant que les besoins en recrutement puissent légèrement baisser du fait d'une diminution du nombre des collègues entrant en CPA, cela ne suffit pas à expliquer le recrutement de seulement 415 enseignants d'EPS en 2006 opérationnels en 2007 au moment ou arrivera un pic important de départs à la retraite.

Il ne faut pas oublier que les enseignants recrutés en 2006 seront opérationnels en 2007.


5) Il est nécessaire de recruter plus d'enseignants d'EPS

è Le credo de la baisse de l'emploi public l'emporte mais les besoins existent :

  • Pour compenser les départs à la retraite et les différentes sorties (disponibilité, détachement, affectation dans le supérieur, démissions);
  • Pour permettre aux enseignants d'accéder à une seconde carrière
    L'administration a-t-elle oublié que le dispositif de seconde carrière, déjà repoussé de 2 ans, doit finalement se mettre en place à la rentrée 2006 ? Du fait de cette mesure des enseignants quitteront le métier mais les besoins perdureront
  • Pour faire face aux besoins en EPS et pour l'AS :
    • C'est depuis 2003 que le mythe de trop d'enseignants d'EPS est apparu.
    • La réalité est tout autre que celle décrite par la DPE. Pour asseoir cette thèse, les emplois et le nombre de postes implantés dans les établissements ont été réduits, conduisant :
      • à une multiplication du nombre d'affectation sur des postes de remplacement pour satisfaire des besoins autres que ceux du seul remplacement,
      • à un développement des groupements horaires provisoires,
      • à une inflation des HSA (équivalent de 1500 postes en établissement en 2004/2005),
      • à une augmentation des effectifs par classe ou division,
      • à la suppression des options, des aménagement des groupes classe pour faire face aux besoins de sécurité (natation, APPN) et de certains forfaits UNSS

6) Qui a raison : La Direction de l'Evaluation et de la Prospective ou la Direction des Personnels Enseignants ? La DEP qui évalue entre 1085 enseignants (2006-2010) et 1213 enseignants (2006-2013) et la DPE qui ne recrute que 415 nouveaux enseignants pour la rentrée 2006 ?

"vous faites état d'une note de la DEP qui indique les besoins moyens de recrutement pour les périodes 2006 à 2010, une lecture attentive… ne prennent pas en compte l'impact du changement de la réglementation sur les retraites, notamment celle concernant la CPA"

  • C'est justement parce que le SNEP a fait une lecture attentive de ce document, que nous nous référons à cette note. Elle indique clairement :" l'étude sur ce sujet montre que les départs différés d'une année se réalisent les années suivantes et que les moyennes annuelles calculées sur les périodes retenues ne sont que légèrement affectées "
  • D'autre part la note fait état d'un nombre de départs annuel moyen mais précise que la moyenne augmente sur cette période car c'est aux rentrées scolaires 2007, 2008, 2009 que les départs seront les plus nombreux.
  • Entre un recrutement de 415 enseignants et une moyenne de recrutement de 1085 ou 1235 selon la période, l'écart est inexplicable et ne peut être dû uniquement aux effets de la nouvelle loi sur les retraites.

Il s'agit bien d'une véritable provocation de la part du ministère et de l'application cynique du credo de la baisse de l'emploi public.

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Lire aussi notre argumentaire n°2