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Paris le 18 février 2010

 

Violence scolaire : le ministre botte en touche
Il faut une autre politique !

Le SNEP-FSU a apporté son soutien plein et entier  à l’équipe EPS du lycée G. Apollinaire de Thiais (94), et en particulier à la collègue dont un des élèves a été violemment agressé et blessé lors d’un cours d’EPS, lundi 15 février. Comme tout acte de violence, celui-ci, qui s’est produit pendant un temps d’enseignement, est inadmissible et insupportable.

Le SNEP-FSU tient à préciser que les lieux d’enseignement de l’EPS et de pratique du sport scolaire sont des extensions de l’espace scolaire des collèges et lycées. Il n’est donc pas admissible que le ministre de l’EN, porte-parole du gouvernement, déclare que « les jeunes ont attendu que leur victime soit dehors (…) pour commettre cette agression en règle ».

Le SNEP-FSU constate que l’augmentation significative des violences scolaires n’est, d’après différentes études, pas avérée. Il n’acceptera pas que sa prise en charge par le MEN et le relais médiatique qui en est fait, soient utilisés pour esquiver les vrais problèmes et proposer des mesures qui ne répondent pas aux enjeux.

Alors que tous les acteurs concernés, les parents, l’opinion publique, demandent que l’encadrement soit renforcé dans les établissements par le recrutement d’adultes qualifiés et formés, le ministre annonce pour avril 2010 des « Etats généraux de la violence scolaire » qui, en admettant qu’ils soient réellement indépendants, ne pourront que dresser une fois de plus les mêmes constats et proposer les mêmes solutions :

  • C’est d’abord la violence sociale qui « déborde » dans l’école ; l’équipement en portiques électroniques et caméras vidéo n’est en aucun cas une solution à ce problème, pas plus que la politique du tout répressif.
  • C’est en amont que doit être organisée la prévention, par la mise en œuvre d’un projet de société plus juste, plus égalitaire, et par une éducation ambitieuse pour tous, et non pour une minorité jugée digne d’intégrer écoles d’élite et internats d’excellence.
  • Il faut rétablir la carte scolaire en l’améliorant.
  • Il faut mettre un terme à la saignée dont est victime l’éducation nationale depuis 3 ans, rétablir les postes supprimés, et programmer les recrutements nécessaires à des conditions d’études de qualité dans les collèges et lycées : enseignants et surveillants, mais aussi  infirmiers, COPsy, assistants sociaux, médecins scolaires, CPE, personnels TOS.

Ce sont là des évidences que le ministre doit accepter. Les opérations de communication ne pourront longtemps tenir lieu de politique éducative. C’est aussi cela que les personnels diront dans la grève du 12 mars, en exigeant une autre politique pour le service public et laïque d’éducation et les moyens d’une autre rentrée 2010.