| Paris le 17 novembre 2009
Formation des enseignants : un gâchis phénoménal
Vendredi 13 novembre, le Ministre de l’Education nationale recevait les organisations syndicales pour leur présenter ses arbitrages sur la réforme de la formation des enseignants. Á la stupéfaction générale, ce dernier a présenté… la réplique des annonces qui datent de plus d’un an. Autrement dit, aucune avancée, aucune prise en compte des réflexions et propositions, y compris de celles provenant des rapports commandités l’an dernier (rapport « Filâtre » par exemple). Le SNEP-FSU a contesté les choix faits, comme la quasi-totalité des organisations présentes. Il constate que le Ministre Chatel en est réduit à proférer des contrevérités (France-inter ce matin 17/11) pour essayer de montrer cette réforme comme un progrès. Tout pose problème : le refus de pré-recrutements, le refus de prendre en compte les IUFM, les concours à nouveau alignés sur le même schéma de 4 épreuves, leur place (admissibilité en début de seconde année de master), la place et la nature des stages, l’absence de formation pré-professionnelle dès la licence, la faiblesse de la formation professionnelle avant et après le concours, … Cette réforme va provoquer une grave régression de la formation, avec une baisse sensible des horaires, ramenés à ceux de masters, une formation dite « professionnelle » réduite aux stages, et à un oral où ne pourra être évaluée que la capacité formelle à produire une leçon virtuelle. Ce n’est pas sérieux, c’est dramatique pour les élèves. C’est méprisant pour les formateurs, les personnels, les étudiants, les syndicats qui depuis plus d’un an disent leur refus de cette réforme et font des propositions alternatives. C’est dramatique pour les étudiants qui risquent de se détourner progressivement de cette orientation. Mais n’est-ce pas finalement ce qui est voulu pour justifier ultérieurement le recrutement d’enseignants non titulaires ? Pour l’Education Physique et Sportive, une telle réforme serait destructrice à terme, avec la « récupération » de la formation des enseignants d’EPS dans des masters inappropriés, avec la perte d’une formation actuelle professionnalisante dès la licence, et quasiment aucune formation en EPS pour les professeurs des écoles. Le SNEP demande que s’ouvrent enfin de vraies négociations. Cela suppose l'abandon de cette réforme ainsi que le retrait des textes d'application déjà publiés. Cela implique du temps – un an minimum - pour une remise à plat complète. Le SNEP fera tout ce qui est en son possible pour œuvrer dans ce sens dès maintenant. Il appelle les enseignants d’EPS à porter leurs propositions alternatives par la grève, mardi 24 novembre.
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