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Paris le 17-Nov-2007

Le SNEP-FSU avec les étudiants contre la LRU

Le SNEP apporte son soutien au mouvement des étudiants dans ses modalités de décisions et d’actions décidées démocratiquement contre la LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités). Le SNEP se félicite de la volonté des étudiants de s’informer, de réfléchir, de débattre, de comprendre et de dénoncer les effets dangereux à court et moyen terme de cette loi sur le plan de la sélection, des coûts, des suppressions de filières d’études jugées peu utiles, de la mise en concurrence des universités, … Ces effets seront préjudiciables à la démocratisation et à la réussite de tous les étudiants actuels et à venir.

Le SNEP, partie prenante, depuis le début, de l’intersyndicale du supérieur et de la recherche, ne veut ni de la LRU ni du statu quo. Nous demandons une véritable réforme qui s’engage d’abord sur les moyens à apporter à une nouvelle étape de démocratisation de l’enseignement supérieur. La LRU n’apporte aucune solution aux difficultés des universités notamment à l’échec en Licence.

Un véritable bilan de la mise en place de la réforme LMD reste incontournable ainsi qu’une évaluation des besoins matériels, budgétaires et humains. Pour la première fois depuis 15 ans, le projet de budget 2008 ne prévoit aucune création d’emploi, cela alors que l’une des conditions nécessaires pour améliorer la réussite en licence est le recrutement de personnels, indispensable, dans toutes les catégories. Par ailleurs, aucune réponse n’est apportée à la précarité des personnels sur contrat CDD, la contractualisation devenant au contraire la règle.

De même, sur son secteur, le SNEP constate les contradictions, qui deviennent à ce niveau scandaleuses, entre le discours d’un Président de la République fixant l’objectif de plus de sport pour les jeunes et la réalité. Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur l’a même reconnu, en déclarant à l’assemblée nationale, que « le sport était le parent pauvre de l’Université ».

Or le PLF 2008 reconduit depuis des années la somme de 4 millions d’euros pour les SUAPS (Services Universitaires des Activités Physiques et Sportives) soit 2€50 par étudiant inscrit à l’université ! De ce fait, de nombreux SUAPS, faute de moyens suffisants, sont contraints de diminuer leurs offres sportives.

Alors que la recherche sur les APS est nécessaire pour répondre aux besoins des pratiquants, elle risque dans le cadre de la loi LRU d’être mise en concurrence avec des recherches jugées plus « rentables ». La filière STAPS est ainsi doublement déstabilisée du fait de cette logique et de la volonté du gouvernement de diminuer de façon importante le nombre de postes au CAPEPS. Aujourd’hui deux départs en retraite d’enseignants d’EPS sur trois ne sont pas remplacés, malgré des besoins d’encadrement importants.

Le gouvernement doit abroger la LRU et ouvrir un véritable « Grenelle » de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche associant toutes les organisations et sans que les négociations soient pilotées par le dogme de la baisse des dépenses publiques, de moins de services, moins de titulaires, synonyme entre autres, de la fin d’un service public national en capacité de répondre aux exigences sociales de connaissances et de qualifications de haut niveau.