Paris le 17 novembre 2006

Pour de vraies réponses à des problèmes réels

Ségolène Royal vient d'être désignée par les militants de son parti candidate à la présidentielle. A quelques jours du vote interne au PS, a été diffusée une vidéo pirate enregistrée en janvier, où elle s'exprimait sur le temps de présence des enseignants en établissement. De propos informels de pré campagne, ces déclarations deviennent-elles les propositions de la candidate ?

La question de la difficulté scolaire est une vraie question qui nécessite de vraies réponses. Le SNEP considère que l'école doit effectivement pouvoir apporter, elle-même, tout le soutien et l'accompagnement nécessaire aux élèves. Et cela ne passe pas par une diminution des horaires élèves comme le proposent des audits récents ; il ne faut pas " moins d'école ", mais " mieux d'école ". Le nécessaire travail de soutien doit être envisagé dans le cadre du service actuel des enseignants, et par le recrutement massif des jeunes formés en attente de poste.

La proposition d'alourdissement considérable du service mise en avant par S. Royal est inacceptable. Elle ignore ou feint d'ignorer les réalités du métier d'enseignant comme celles des établissements.

Le SNEP constate que, face à l'émotion légitime exprimée par de nombreux collègues qui se battent en permanence pour la réussite des jeunes, elle a, de fait, confirmé ses propos et n'a pas renoncé clairement à sa proposition de contraindre les enseignants à assurer 35h de présence dans leur établissement.

Le SNEP rappelle qu'au-delà des propos de cette candidate, les idées avancées tendant à faire des enseignants des boucs émissaires, leur faisant supporter la responsabilité de l'échec scolaire et voulant organiser une partie de la réforme du système éducatif sur leur dos, traversent diverses forces politiques. Le ministre actuel prépare une réécriture des décrets modifiant les obligations de service des enseignants qui se traduirait à la rentrée 2007 par un alourdissement de leur temps de travail.

Le SNEP, avec les autres syndicats FSU fait depuis des années des propositions aux différents gouvernements pour résoudre les questions d'échec, sans être écouté, comme cela vient d'être le cas avec la loi Fillon. Il portera, en toute indépendance, ses propositions et celles de la FSU, dans le débat des élections présidentielle et législatives