| Paris le 16 octobre 2008 « La Marseillaise » sifflée
Disons-le d’emblée : il n’est pas acceptable que l’hymne national soit sifflé, les précédents au Stade de France en 2001 et 2007 étaient tout aussi regrettables et avaient provoqué un émoi certain. Le SNEP FSU regrette qu’un match de football « amical » donne lieu à ce type de comportement, tant vis à vis de “La Marseillaise” que des joueurs Franco-Tunisiens. Il est intolérable que les tribunes sportives soient le lieu de débordements racistes et xénophobes, principalement, il faut le noter, à l’occasion de matchs de football. Pour autant, que penser de l’agitation gouvernementale quasi frénétique au lendemain de France-Tunisie ? C’est le Premier Ministre qui, dès le matin, propose l’arrêt d’un match dès lors que l’hymne est sifflé ; c’est ensuite le Président de la République qui, comme à son habitude, reprend les rênes, convoque dans l’urgence une réunion de crise et décide d’en rajouter dans la communication médiatique ; ce sont ensuite les ministres de l’Intérieur, des Sports, et le secrétaire d’Etat aux sports, partant en mission dans tous les médias pour demander, qui « le signalement des siffleurs », qui le départ des ministres, qui l’arrêt du match, la suppression de tous les matchs avec le Pays concerné quand il y a sifflets de l’hymne, qui le déplacement des matchs en Province… Le SNEP aurait aimé un peu plus de pondération dans cette indignation manifestement sur-jouée, une recherche d’analyse et d’explication de ce comportement, non pour excuser, mais pour comprendre et, peut-être se mettre en capacité de réagir autrement que par des décisions autoritaires, ingérables et manifestement inapplicables. On aurait aussi aimé que des solutions préventives et éducatives soient envisagées, et pas une fois de plus le tout répressif. On aurait enfin aimé entendre parler de la diversité culturelle de notre pays et de la nécessité du respect mutuel, pour mieux vivre ensemble. Toutes ces questions débordent largement la sphère sportive. Ce n’est manifestement pas la voie choisie par ce gouvernement. L’important pour lui était sans doute d’occuper les médias, et donc l’opinion publique, pendant 48h, sur cette question ; de faire d’un fait divers regrettable une affaire d’Etat. Pendant ce temps-là, on ne parle pas récession, chômage, pouvoir d’achat, inégalités ; on met de côté les faillites bancaires et les milliards qui sortent des « caisses vides ». On en vient à se demander si ce n’est pas davantage le gouvernement que le football ou le sport qui ne sort pas grandi de cette affaire. Et si on décidait de créer et de jouer, en lieu et place des hymnes nationaux, un « hymne du sport » ?
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