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Paris le 10 novembre 2010

 

Un budget sport qui prépare la privatisation du sport

 

Le SNEP ne peut accepter que le projet de budget 2011, consacré aux sports connaisse une des saignée les plus importantes depuis bien longtemps. Il ne représente pourtant qu’environ 0,13% du budget de l’Etat. Les crédits chutent de 14,8% et plus de 66 postes sont supprimés, soit 2% des effectifs !

Les crédits sont généralement en baisse, plus rarement maintenus.

Ceux destinés au sport pour le plus grand nombre perdent plus de 5M€ (moins 32%) et ceux destinés aux publics en difficulté sont divisés par deux ! Cette action devient désormais entièrement dépendante des crédits fournis par le Centre national pour le développement du sport (CNDS), c’est-à-dire liés aux contrats avec les diffuseurs télé et les paris sur les jeux. Pour éviter un affichage affligeant le ministère en appelle à des fonds de concours, en fait des fonds CNDS, qui représentent 10% des crédits.

Le sport de haut niveau est lui aussi touché par cette austérité alors même que nos équipes nationales préparent les prochains Jeux Olympiques. Concernant la lutte contre le dopage, l’Etat a dû se résoudre à stabiliser la subvention à l’AFLD ; la réalité de cette action clairement mise en doute par l’ancien président de l’agence, n’a pas, pour autant, encouragé le gouvernement à affirmer une nette volonté d’en assurer son développement. Les crédits liés aux formations sont simplement sabrés.

La RGPP a créé de nombreux dommages dans ce secteur. Le niveau départemental d’intervention est devenu inexistant et les huit CREPS supprimés (centres régionaux d’éducation populaire et de sport) sont autant de moyens qui manquent pour l’aide locale au mouvement sportif. Le gouvernement s’en flatte !

Le CNDS voit peu à peu s’élargir ses prérogatives ; le Président de la République vient de lui confier le soin de débloquer 150 M€ pour financer la construction et réhabilitation des stades pour les besoins de l’euro 2016. Il est clair que cette décision va peser en négatif sur le soutien à apporter aux équipements pour tous les autres sports.

Le gouvernement renforce ses choix politiques de privatisation et de marchandisation des secteurs professionnels, tout en gérant a minima le sport de haut niveau dans un nombre restreint de disciplines ; le sport pour tous n’est carrément plus dans ses préoccupations. D’ailleurs, tous les indicateurs du ministère lui-même, montrent le coup d’arrêt de la démocratisation.

Ce ne sont pas les dispositions retenues pour les collectivités locales, avec la remise en cause de la compétence professionnelle et la restriction de leurs moyens financiers, qui vont pouvoir suppléer les besoins exprimés par les associations sportives.

Si le sport sert à la société et à chaque individu, l’Etat doit en garantir les moyens de son développement. Le SNEP, comme d’autres forces sociales, en appelle à un débat public dans les meilleurs délais.