| Paris le 07 janvier 2010
Epreuves physiques et sportives bradées au CAPEPS et CRPE : l’EPS sans « corps » Le ministère attaque l’Education Physique et Sportive par un biais inédit : les contenus des concours de recrutement. Pour le CAPEPS, en frôlant le ridicule, il affiche tranquillement l’inutilité pour devenir enseignant d’EPS d’avoir une pratique sportive de bon niveau. Autrement dit l’EPS sera demain la seule discipline pour laquelle un niveau Bac dans les épreuves pratiques devrait suffire largement pour être reçu au concours. Avec un coefficient 2, sur les 12 retenus pour l’ensemble du concours, avoir de bonnes notes aux épreuves pratiques ne sera pas indispensable pour obtenir celui-ci. La préparation physique des futurs enseignants d’EPS pourra devenir anecdotique. Cela aura des retombées sur les nouvelles maquettes de formation et les stratégies des étudiants. Vu le coût des formations physiques et le temps nécessaire pour s’y entraîner, elles risquent d’être progressivement évacuées de la formation universitaire. Mais l’attaque est plus insidieuse parce qu’elle ouvre la porte à la critique de ceux qui jugeront que l’EPS ne sera plus à même d’assurer la formation « sportive » des jeunes, et qu’elle serait donc un investissement inutile. La décrédibiliser ainsi aux yeux de l’opinion et des jeunes, affaiblira la légitimité des enseignants d’EPS. Cela se fait sous l’œil complaisant de certains syndicats qui souhaitent que la discipline se « dé-sportivise ». Même gravité côté concours des professeur-es d’école : l’EPS devient une épreuve choisie en option en concurrence avec les arts. Il n’y aura donc plus d’EPS pour tous. Pourquoi les étudiants-es n’ayant pas choisi l’EPS s’y prépareraient-ils ? Ils devront pourtant l’enseigner une fois le concours obtenu ! A terme c’est l’EPS au premier et second degrés qui est donc attaquée. Le gouvernement, pressé de publier l’ensemble des CAPES (JO du 6 janvier) pour faire avancer sa réforme, fait passer l’EPS au rayon des pertes négligeables. Cette attaque contre les pratiques physiques aux concours ne peut que justifier et accentuer nos critiques à l’égard de la réforme de la formation des enseignants. Le SNEP appelle toute la profession, enseignants, formateurs, à manifester sa désapprobation en participant massivement aux actions engagées.
|