Paris le jeudi 06 septembre 2007

 

EPS à l’école : le ministre se lâche !

Le discours du gouvernement sur « plus de sport à l’école » vient de montrer ses limites, à l’occasion de l’interview de X. Darcos ce jour sur France Inter.

Dans son communiqué de presse du 4 septembre 2007 à propos de « la lettre du président aux éducateurs », le SNEP disait que ce que Nicolas Sarkozy avance, c’est un sport sans connaissances propres, sans apprentissages spécifiques, un sport « mode de vie », un sport porteur de valeurs supposées, pas un temps d’enseignement (EPS) supplémentaire, mais un sport qui « donne à nos enfants le temps de vivre, de respirer, d’assimiler ce qui leur est enseigné ».

A la radio ce matin, le ministre de l’éducation nationale, X. Darcos est allé encore plus loin dans sa conception de l’EPS. Explicitant la souplesse qu’il entend développer dans un nouveau collège qui ne serait plus « unique », il déclare qu’il faut permettre de « faire des activités physiques plus nombreuses pour ceux qui ont vraiment besoin de se défouler ». Un tel discours est tout à fait scandaleux, en particulier de la part d’un ministre de l’éducation en charge des enseignements scolaires. Il est par ailleurs en contradiction avec celui tenu la veille à Talence : « le sport est une discipline d’excellence qui contient en elle toutes les valeurs de l’école ».

Le SNEP et les enseignants d’EPS sont porteurs d’une toute autre conception de l’EPS, discipline d’enseignement à part entière visant à la fois le développement physique, psychologique, social, culturel de tous les élèves durant leur scolarité. Il s’agit pour chaque jeune, en EPS, de s’approprier, de manière critique, une véritable culture, par une pratique physique et sportive, régulière et raisonnée, qu’il pourra poursuivre tout au long de sa vie.
Cette conception exigeante pour les jeunes, bien au-delà d’un simple défoulement, allie des formes souvent ludiques et des apprentissages essentiels.

Il y a d’ailleurs contradiction pour le ministre à vouloir intégrer le sport comme 8ème compétence du socle commun et développer une telle conception. Le SNEP sera très vigilant sur le contenu de ce 8ème « pilier ».

Le SNEP appelle les enseignants d’EPS à agir pour que le projet ministériel ne se traduise pas par moins d’EPS obligatoire, au profit, pour certains élèves seulement, d’une animation sportive périscolaire. Les deux, enseignement de l’EPS et sport scolaire doivent être développés en parallèle et complémentarité, dans le cadre du service public d’enseignement.