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Paris le 06 novembre 2008

 

Même pas mauvais, insignifiant !

Contrairement à tous les engagements de la campagne présidentielle, c’est un budget insignifiant de la mission « sport » qui a été adopté à l’Assemblée Nationale, en l’absence notable du secrétaire d’état concerné !

Nous sommes loin des 3% promis par le candidat-élu et sa volonté de mettre le sport au centre de la société. Ces promesses ne relevaient pas d’une vision mais sans doute d’une hallucination !

Le budget de cette mission ne suit pas l’évolution du budget général (+0,4% au lieu de +2%) et sabre allègrement dans les crédits destinés au sport pour le plus grand nombre : -20,35% ! Le gouvernement a décidé que ce type de pratique n’avait plus à être pris en charge par le budget d’Etat.

Le sport de haut niveau n’est pas mieux servi, même s’il enregistre une progression de crédits (+11,5%), mais progression bien en deçà de ce qu’elle aurait dû être si le gouvernement avait conservé des crédits affectés à un plan spécifique de relance du sport (2006-2008).

Les effets de manche qui ont accompagné les explications de satisfecit au sortir des derniers Jeux Olympiques, ne trompent personne. Durablement, le sport est le parent pauvre des préoccupations ministérielles et gouvernementales, enfermé dans son autofinancement (50% de la dépense sportive est réalisée par les pratiquants) et le recours désordonné aux collectivités territoriales.

Alors que 229 personnes partent à la retraite, 230 postes sont supprimés (6,6% des moyens humains), battant tous les ratios ministériels !

Le rattachement du sport au ministère de la santé nous avait été vendu comme une chance pour préserver ses moyens ; las, même les crédits destinés à la protection des sportifs, chutent de 2,2%.

Par ce budget, l’Etat organise son impuissance : la révision générale des politiques publiques le conduit à dépouiller les directions départementales et directions régionales s’occupant du sport et l’apprête à fermer la moitié de ses établissements de formation (CREPS). Le « retour de l’Etat » n’est pas pour le sport !

Bref, le slogan et les campagnes qui veulent lier sport et santé, se révèlent un leurre tant la conviction gouvernementale s’avère molle pour animer une quelconque politique publique.

Le SNEP, avec d’autres, juge opportun de ne pas laisser le gouvernement décider seul, d’orientations dont les effets prévisibles seront une livraison de la partie la plus solvable du sport au secteur marchand et, pour le grand nombre, c'est-à-dire ceux qui ne pratiquent pas, de ne pas plus et mieux pratiquer. Quant aux pratiquants, ils seront de plus en plus contraints, pour continuer, d’assumer toutes les charges afférentes.

Voilà une politique qui tourne le dos à la lutte contre les inégalités d’accès à ces pratiques physiques et sportives.