| Paris le 06 mai 2010
EPS : voie particulière de réussite,
oui Mercredi 5 mai, dans son allocution sur la violence à l’école, le Président de la République a fait un certain nombre d’annonces, contestables car ne répondant pas aux vrais problèmes. Soucieux sans doute de flatter et rassurer les forces les plus réactionnaires, le Président donne l’image d’un système éducatif où tous les établissements scolaires seraient confrontés à la violence. Il en déduit, au nom de la sérénité, du respect et de l’autorité, toute une série de mesures plus centrées sur la répression, la déréglementation que sur l’éducation et la prévention (internats pour élèves perturbateurs, suspension des allocations familiales, diagnostic de sécurité, nomination des personnels par les chefs d’établissement, …) qui risquent bien d’entraîner l’inverse des effets escomptés. Ces mesures sont en décalage avec les propositions avancées par les participants aux débats des Etats Généraux de la sécurité à l’école. Ces décisions ne sauraient être une réponse aux difficultés des élèves dont la violence traduit bien souvent leur échec scolaire, aux difficultés professionnelles des personnels, aux causes de l’échec scolaire, au manque de personnels de vie scolaire, d’assistantes sociales et plus largement d’équipes pluriprofessionnelles. Regrouper des « élèves perturbateurs » dans des internats dits « de réinsertion scolaire » ne saurait répondre aux besoins sociaux et éducatifs que le comportement de ces jeunes révèle. Cela rappelle curieusement les « maisons de correction » d’antan, depuis longtemps abandonnées pour avoir prouvé leur inefficacité éducative et leur contre-productivité. En revanche, développer les internats pour favoriser la réussite des élèves en difficulté serait très positif. Dans ces internats de réinsertion scolaire, le Président propose la pratique du sport tous les après-midi, en liant celle-ci à l’apprentissage de la règle, au respect de l’autorité et au goût de l’effort. Le SNEP considère que les jeunes ont besoin de culture, de présence d’adultes et de percevoir qu’on a une ambition pour eux. L’activité physique et sportive, encadrée dans des cours d’EPS et dans le sport scolaire, par des personnels qualifiés peut représenter un des éléments de la reprise de confiance en soi et dans le système scolaire pour des jeunes en rupture avec celui-ci et une voie particulière de réussite. Cela demande des moyens en horaire et en personnels, c’est pourquoi le SNEP propose qu’un poste supplémentaire d’EPS soit attribué à tous les établissements difficiles, comme cela avait été mis en place par le Ministre J.Lang en 1993 dans établissements sensibles (postes quasiment tous supprimés depuis). Constamment, les enseignants d’EPS font réaliser à leurs élèves des apprentissages sociaux et citoyens en s’appuyant sur l’engagement dans l’activité, en développant le goût de l’effort et avec le souci du progrès. Le SNEP sera vigilant pour que ces objectifs éducatifs ne soient pas détournés vers une conception de l’EPS « discipline du redressement moral » !
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