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Le 06 avril 2014

La poursuite de l'affaiblissement du service public du sport ?

 

Le Ministère chargé des sports et de la jeunesse, anciennement ministère de plein exercice, a subi les effets du remaniement ministériel. Désormais, les questions de la jeunesse et des sports seront traitées au sein d’un ministère regroupant les droits des femmes et  la politique de la ville. Les précisions sur l’organisation de ce ministère sont encore attendues. La création d’un secrétariat d’État chargé des sports s’impose.

Dotée d’un budget insignifiant (0.14% du budget de l’État) et animant une politique sportive souffrant cruellement d’ambition, la précédente ministre V. Fourneyron a été conduite à  diriger des personnels en souffrance exerçant dans des structures (directions départementales interministérielles) n’ayant plus de prise sur la vie sportive locale, et dont la gestion était confiée, non pas au ministère chargé des sports, mais aux ministères sociaux. Les attentes de changement étaient donc fortes.

L’intersyndicale « Sport - Education Populaire » avait œuvré depuis 2012  pour faire des propositions en totale opposition avec la décision gouvernementale actuelle. Celle-ci ne répond en rien aux aspirations de 90% des personnels qui demandent la sortie des ministères sociaux.

En liant le sport et la jeunesse à droit des femmes et  politique de la ville, le gouvernement campe sur une vision du sport réduite à la réparation sociale (cohésion sociale, politique de la ville), à l’action sur les publics cibles (femmes, ZUS, handicapés) délaissant durablement la vision du sport comme culture et droit pour tous.

Le SNEP-FSU demande à être rapidement reçu par Madame la Ministre pour échanger et expliquer son point de vue sur une réelle politique sportive qui soit ambitieuse pour l’accès de toutes et tous aux pratiques et ce au meilleur niveau de développement possible pour chacun.

Le sport doit développer, enrichir et démocratiser son service public.
Il a besoin d'une loi d'orientation et de programmation des moyens et non d'une loi relative à la seule « gouvernance du sport », comme prévu par le précédent gouvernement.