| Paris le 04 septembrel 2009
Oui, Monsieur le ministre :
un pays qui croit en son avenir est un pays qui investit dans
l’éducation !
Nous constatons en cette rentrée 2009 les graves conséquences
de la crise financière et économique en France. La hausse
exceptionnelle du chômage et de la précarité accompagnée
d’un désengagement progressif de l’Etat vis-à-vis
des services publics provoquent une véritable crise sociale.
Dans un tel contexte, un grand service public laïque d’éducation
est une chance. Pourtant, il est victime de la politique dangereuse
du gouvernement : l’appauvrissement de l’Ecole, la suppression
de 50 000 postes dans l’Education nationale depuis 2002, la suppression
de la carte scolaire, l’abandon de l’Education prioritaire,
les menaces sur la maternelle… accentuent inlassablement les inégalités
dans notre société et font peser sur les collectivités
territoriales des obligations qui relèvent de l’Etat.
Les organisations signataires ne peuvent accepter la programmation de
16 000 suppressions supplémentaires à la rentrée
2010. Elles demandent un changement conséquent de la politique
de l’emploi public avec un arrêt des suppressions de postes
et la mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement, mais
aussi l’abandon de la politique menée vis-à-vis de
la carte scolaire.
Les affirmations sur la nécessité d’investir dans
l’Education et de réduire les inégalités doivent
se traduire par des décisions en rupture avec les politiques menées
ces dernières années.
Après deux années durant lesquelles l’Ecole a été brutalisée,
il est temps de renouer un réel dialogue constructif avec l’ensemble
de la communauté éducative pour une école qui assure
la réussite de tous et connaisse une nouvelle vague de démocratisation.
Cela signifie qu’il faut traiter de façon ambitieuse la
préparation du budget 2010, la formation des enseignants, les
remplacements, la place de l’école maternelle, primaire
et du collège, les programmes et les pratiques, le rôle
des associations complémentaires… L’orientation scolaire doit être
un levier pour la réussite des jeunes via un service public d’orientation
de l’Education nationale doté de moyens importants et de
personnels qualifiés.
Tous ces dossiers doivent être ré-ouverts.
Ainsi le processus de réforme du Lycée doit être
relancé sans précipitation. Le calendrier fixé par
le ministre est trop court pour construire la réforme ambitieuse
que la communauté éducative attend, d’autant plus
indispensable que la société est en crise.
Alors que Luc Chatel affirme agir dans « un esprit de dialogue
et de concertation » les organisations signataires de cet
appel, lui demandent d’ouvrir dès la mi-septembre 4 chantiers
de réflexion et de travail sur :
- L’accès et la réussite d’un plus grand
nombre de jeunes au Lycée et l’orientation scolaire.
- Des contenus et des pratiques pour une nouvelle
vague de démocratisation
du lycée.
- Un lycée qui ne soit pas seulement un lieu d’étude
mais qui soit aussi un véritable lieu de vie et d’apprentissage
de la citoyenneté et de l’intégration.
- Une réforme qui permette à un maximum de jeunes d’accéder à l’enseignement
supérieur et d’y réussir.
Sur tous ces points, les organisations signataires
s’adressent
solennellement au ministre de l’Education nationale pour qu’il
entende et mette ses actes en conformité avec ses paroles en donnant
sans tarder de premiers signes concrets et en ouvrant les discussions
nécessaires.
Elles se retrouveront à la fin du mois pour faire le point et évaluer
la situation et les réponses du ministre.
Ne rajoutons pas à la crise économique
celle de l’Education :
investissons pour elle !
Liste des premiers signataires :
CEMEA
CRAP-Cahiers pédagogiques
FAEN
FCPE
FEP-CFDT
FERC-CGT
FOEVEN
FSU
GFEN
ICEM-Pédagogie Freinet
La JPA
La Ligue de l’enseignement
SGEN-CFDT
UNEF
UNL
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