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Paris le 02 avril 2010

 

De vieilles recettes au secours d'un socle commun dans l'impasse

Jeudi 1er avril la mission parlementaire présidée par le député J. Grosperrin a rendu publiques les conclusions d'un rapport présentant 18 propositions pour la "mise en œuvre du socle commun".

Prévu par la Loi Fillon de 2005, l'évaluation des élèves par la maîtrise du socle n'est pas en place et pour cause : sa formulation en 7 compétences est incompatible avec les programmes scolaires, ce qu'a confirmé l'échec des expérimentations successives de "livrets de compétences".

Dans une logique de communication maintenant bien connue, le rapport attribue les problèmes de mise en œuvre du socle aux difficultés du collège, estimant même que "près des trois quart des élèves" y sont en échec ou en difficulté… (ignorant que 82,6% de collégiens obtiennent le DNB en 2009).

Faire du neuf avec des solutions datées qui n'ont pas fait preuve de leur efficacité ?

Les constats que fait la mission sur le manque d'engagement du parlement sur les questions d'éducation, sur la faiblesse des moyens du collège, sur l'incohérence d'une double évaluation (socle et DNB), la superpositions de nombreux dispositifs… sont des éléments que nous pouvons partager. Pour autant, les réponses apportées : bivalence, suppression du DNB, postes à profil… ne sont pas à même d'aller vers la réussite et l'accès à la culture de tous les jeunes.

La dépêche d’agence de presse qui se fait l'écho de la présentation du rapport montre toute l'ambiguïté du discours tenu par la commission :

  • alors qu'il existerait un "indicateur pertinent" d'évaluation (le livret de compétences) le rapporteur fait le constat d'une "méfiance" de la part des enseignants. Cette "méfiance" traduit en réalité le rejet d'un mode d'évaluation jugé non pertinent par la profession.
  • alors que le socle "aurait dû servir de boussole", il en pointe des manques et propose d'y inclure des références à la culture technologique et au travail manuel et même un huitième pilier consacré au "bien être"…

Lors de l'audition du SNEP devant cette mission parlementaire, nous avons rappelé que l’Éducation Physique et Sportive ne pouvait se satisfaire d’un socle dans lequel son enseignement était quasi absent.

Nous avons rappelé notre exigence de la création d'un huitième pilier "pratique et maîtrise des principaux éléments de la culture physique et sportive". Réduire ce huitième pilier à un « bien-être en général » n'a aucune pertinence scolaire tant ce concept est flou, ambigu voire démagogique.

Pour le SNEP, l'EPS contribue de façon spécifique à la formation des jeunes. Lui consacrer un pilier du socle serait une reconnaissance de son rôle primordial dans le cursus scolaire.