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  Actualités > Dossiers spéciaux > Les candidat(e)s et l'EPS (maj le 27/03/09)

 

Sur l'EPS, des candidat(e)s entre promesses positives et fausses solutions !

Précaution : Comme chacun-e s'en rend compte, l'actualité bouge vite, les expressions des candidats aussi. Nous donnons ici quelques indications à partir d'une compilation qui ne demande qu'à être plus parfaite. Nous attendons les réponses à nos questions (voir ci-dessous) pour être plus complet. Nous ferons aussi une analyse précise des propositions des candidats invité-es au CNOSF le 15 février dernier, propositions que vous pouvez dores et déjà retrouver sur cette page du site du CNOSF.

Nous avons déjà eu l'occasion de traiter des déclarations contradictoires et inquiétantes de Nicolas Sarkozy et de l'UMP sur l'EPS et le Sport à l'école (voir notre communiqué de presse du 15 novembre 2006 : L'EPS et ses enseignants exclus de l'école ?). Celui-ci a d'ailleurs récidivé en affirmant que l'EPS devait faire partie du socle commun à l'école, (alors que son principal conseiller, F. Fillon, s'est évertué à l'exclure lors du débat parlementaire en 2005 !) tout en proposant une forme d'externalisation digne des CAS des années 1970 !!


Ségolène Royal, Interpellée, le 14 février, lors d'un débat sur le sport à Marcoussis par Jean Lafontan, qui lui rappela que la dernière avancée pour l'EPS datait du ministère Bayrou avec les 4h en 6ème et qu'il serait bien qu'elle aille plus loin que cet autre prétendant à la présidence, elle a promis de porter les horaires EPS à 3h en seconde et d'augmenter de 70% les postes au CAPEPS (cette proposition est positive mais cependant, en portant les recrutements à 680 postes, nous restons sous les 1200 départs en retraite et sous les besoins provoqués par l'augmentation des horaires en 2de). Le 15 elle annonce 3h en lycées sur France Inter, en même temps que le rétablissement des moyens à l'UNSS.

Ségolène Royale sur France Inter - Journal de 7h30 le 15 février 2007

Dans le même temps, le 12 février 2007, lors d'une rencontre avec 30 enseignants et personnels d'établissements scolaires de Seine Saint-Denis, elle a suggéré que les professeurs d'EPS s'investissent dans des missions de tutorat et de soutien scolaire moyennant une rémunération supplémentaire et qu'ils fassent ainsi partie des répétiteurs qu'elle envisage de mettre en place dans les établissements scolaires ! Cela sous prétexte que les élèves en difficulté auraient une autre vision de la réussite dans les matières sportives.
Les professeurs d'EPS comme « répétiteurs », voila une proposition pour le moins surprenante et bien éloignée des compétences et des missions des enseignants d'EPS. Si nous sommes persuadés que notre discipline peut jouer un rôle essentiel dans la lutte contre les difficultés scolaires, les enseignants d'EPS ne sauraient voir leurs missions centrées sur un rôle de « pompier social » !
De même sa proposition de présence d'un deuxième adulte dans certaines classes doit être explicitée.
Dans le cadre de sa volonté « d'assouplir la carte scolaire », elle propose de « faire un travail sur l'attractivité des établissements les plus en difficulté", suggérant par exemple la création de classes européennes ou de filières sport-études dans les établissements les moins attractifs.


Quant à François Bayrou, si sur Canal, le 11 février, il affirmait que les enseignants d'EPS avaient raison de se plaindre de la suppression des heures d'animation du sport scolaire, comment oublier ce qu'il propose réellement ?

F.Bayrou lors de l'émission Dimanche + sur Canal le 11 février 2007

Au Colloque UDF sur le sport, le 10 janvier 2007, il a évoqué l'attente des élèves, des étudiants et des familles à l'égard du sport à l'école et à l'université. « Le sport à l'université est pratiquement absent ». «  Le sport à l'école primaire, est en question ; le sport scolaire est en régression (…). Il y a un besoin très grand d'encadrement dans les différents échelons de notre système scolaire et à l'université. Ce besoin doit trouver une réponse ».
Dont acte, mais cela se gâte lorsqu'il donne ses solutions ! « Cette réponse ne sera pas dans la création des dizaines milliers de postes qu'il faudrait, dans un monde idéal, mais que désormais on ne peut pas créer pour des raisons budgétaires. C'est la raison pour laquelle je mets en relation ce besoin avec l'idée que je défends depuis très longtemps (…) d'un service civique universel pour tous les jeunes et d'une activité universelle pour tous ceux qui en France sont en situation de minima sociaux et qui, très souvent, ont des compétences qui ne sont pas valorisées. Un certain nombre d'entre eux sont sportifs, ils peuvent être des « grands frères », des encadreurs, des aînés, des animateurs des clubs sportifs dans les universités. Il faut changer le modèle et permettre un encadrement qui ne soit plus désormais seulement professionnel, mais un encadrement engagé de la part de jeunes ou de personnes plus âgées à qui la société peut offrir la chance d'être reconnus dans leurs compétences auprès des plus jeunes ou des plus âgés qui sont dans les universités.
Bien sûr, il n'y aura pas les dizaines de milliers de postes de fonctionnaires et de professeurs d'éducation physique dont on rêverait,… »
Remplacer les enseignants d'EPS par des jeunes ou des personnes en situation de minima sociaux, sans formation, et peu rémunérés puisque dans le cadre d'un service civil !
Ce qui pilote, ce n'est pas la qualité de la formation des jeunes, mais seulement la baisse des dépenses publiques. Pour ceux qui avaient oublié que M.Bayrou est avant tout un libéral !


Marie George Buffet affirme au CNOSF vouloir accorder au sport « une place plus importante à l’école comme à l’université et renforcer les moyens de l’EPS et des associations sportives scolaires et universitaires qui sont d’indispensables prolongements de la formation des jeunes ».
« Aujourd’hui, plutôt que de donner à l’école les moyens dont elle a besoin, je constate que la pratique sportive est remise en cause dans les cursus éducatifs ; et plus grave encore je constate que les AS scolaires sont aujourd’hui menacées. Alors que le nombre de licenciés UNSS était en passe d’atteindre le million, le projet de réforme du décret sur le service hebdomadaire des enseignants de 2e degré, couplé avec les disparitions de postes d’enseignant risque d’annoncer un véritable déclin du sport scolaire.
(…) Je veux affirmer mon soutien aux actions engagées par les enseignants contre ces projets. »


José Bové propose :
« Une loi de programmation pluriannuelle portera le budget du ministère de l'Éducation nationale à 7% du PIB"
« Le recrutement de 150 000 enseignants et 45 000 personnels de santé, social, vie scolaire, CIO, entretien… sur 5 ans".
« Le développement des activités socio-éducatives, le travail scolaire en autonomie, l'éducation à l'égalité non-sexiste et non raciste. De plus, les enseignements artistiques, l'éducation à l'image, l'éducation physique et sportive, la culture scientifique et technique, les sciences sociales seront partie prenante de l'enseignement à tous les niveaux ».
(extrait communiqué de l’AEF du 21/02)


Dominique Voynet propose :
« une refonte des programmes et une adaptation négociée du découpage des matières à l'évolution des connaissances contemporaines" ainsi que la "prise en compte des cultures régionales" et "l'extension du sport à l'école".
Les Verts se prononcent pour "le maintien des formats horaires des enseignants et l'élargissement des décharges pour faire des suivis scolaires personnalisés et permettre des activités culturelles et artistiques". De plus, Les Verts veulent "ouvrir l'école aux compétences extérieures".
(extrait communiqué de l’AEF du 21/02)



Le document qui suit, réalisé par le SNEP, a été envoyé à tous les candidats «républicains». Le SNEP attend maintenant leurs réponses à ses 12 propositions

ECOLE, EPS, sport scolaire, sport
Des objectifs crédibles pour l’avenir immédiat

L’Education physique, le sport scolaire, le développement d’une autre conception du sport sont au cœur des préoccupations que le SNEP, avec la FSU, portent au sein du système éducatif.

Nos objectifs sont connus : le fléau de l’échec scolaire peut être largement combattu à condition qu’une politique active de démocratisation portant sur les modes d’accès à la culture, les contenus, les méthodes et les soutiens aux élèves, soit obstinément menée, que les efforts budgétaires à consentir soient acceptés comme condition indispensable à l’élévation de la formation de tous. La vision de la culture commune que nous développons dépasse l’obsession du socle commun qui réduit les ambitions de formation à des exigences minimales pour tous et conduit de fait à la sélection précoce. La question des savoirs est au centre des exigences de démocratisation en même temps que l’école doit développer l’approche critique de ces savoirs. Dans cette perspective, les finalités de l’éducation et les questions de recherche doivent faire l’objet d’un débat avec le souci de rendre effectives les transformations que nous estimons indispensables. Telles sont les exigences essentielles pour la formation d’une citoyenneté éclairée.
L’EPS se situe dans cette dynamique qui doit concerner l’ensemble du service public et laïque d’éducation.

A l’image des pratiques physiques qui se développent dans la société, l’éducation physique à l’école porte des objectifs propres qui recueillent un soutien important des jeunes et des familles. Pour autant, sa place dans le système éducatif est trop souvent mise en question lorsque des gestions budgétaires étriquées imposent des choix entre disciplines.
L’EPS est une composante essentielle de la construction sociale des jeunes en particulier dans la lutte contre les inégalités existantes, de genre, de revenus, de culture, d’habitat…
L’EPS développe des connaissances et des compétences, des modes particuliers d’exercice physique de soi, de confrontations et de collaborations ; elle participe donc à la construction identitaire de chacun et crée sa propre sociabilité en connexion avec l’indispensable confrontation.
Si l’EPS et le sport scolaire ne sauraient se développer coupés des pratiques physiques, sportives et artistiques qui se développent dans la société, un regard critique sur cette évolution est indispensable. C’est là aussi une fonction essentielle de cet enseignement. Débat et action doivent donc être menés pour la constitution d’un sport transformé et démocratisé.

Douze exigences découlent de ces constats

  1. Les horaires doivent être augmentés. Ils sont partout amputés par l’inadaptation aux scolaires de nombre d’installations. Leur nombre insuffisant, leur éloignement des établissements, voire parfois leur inexistence, conduisent souvent à des pertes horaires réglementaires pouvant aller jusqu’à 50%. Dans l’immédiat l’horaire doit être porté à 3 heures dans les lycées et 4h en collège. D’autre part, l’EPS peut être une voie particulière de réussite et d’intégration scolaires, à ce titre, des postes supplémentaires d’EPS doivent être implantés en surnombre dans les établissements difficiles.
  2. Le service public du sport scolaire doit être conforté, développé et rénové. Le forfait de 3 heures indivisibles pour l’animation de l’association sportive des collèges, lycées et LP doit faire partie intégrante du service de chaque enseignant d’EPS et le fonctionnement des Associations Sportives, fédérées au sein de l’UNSS, doit être soutenu par l’établissement. En particulier des efforts doivent être entrepris afin que la plage horaire du mercredi après-midi soit effectivement libérée. Des moyens en volume suffisant doivent être dégagés et la subvention ministérielle de fonctionnement, dans l’immédiat, doublée.
  3. Des enseignant-es qualifié-es. Le SNEP récuse toute bivalence de formation. L’enseignement doit rester de la responsabilité de personnels titulaires spécifiquement formés à cet effet, les enseignants d’EPS. Leur service hebdomadaire, actuellement plus important que celui de l’ensemble des autres catégories d’enseignants de second degré, doit être réduit tout en intégrant l’animation du sport scolaire et l’indispensable travail en équipe.
  4. Le volume de recrutements doit permettre de faire face aux besoins, aux départs à la retraite, à la transformation d’heures supplémentaires en postes, à assurer la continuité effective de l’enseignement de l’EPS (cela nécessite de réserver 10% des postes de titulaires aux fonctions de remplacement) : 1500 postes doivent être mis au concours.
  5. Les IUFM doivent garder leurs prérogatives dans l’université et les formations des étudiants et stagiaires doit allier la formation disciplinaire, professionnelle et ouvrir leurs capacités de recherche dans la perspective d’un métier devant satisfaire aux exigences effectives de démocratisation des réussites de tous les jeunes et débouchant sur un master.
  6. Le cursus STAPS doit être réaffirmé dans l’enseignement supérieur, un enseignement de pratiques et de théories des activités physiques et sportives doit être réaffirmé et des recherches sont à développer sur l’intervention dans les APS.
  7. L’Université doit être soutenue. Des décisions doivent être prises afin que la formation physique des étudiants soit renforcée. Le nombre d’enseignants d’EPS à l’Université doit être doublé et le sport universitaire dynamisé, pour parvenir rapidement au doublement de ses effectifs.
  8. Les métiers d’enseignant d’EPS et de professeurs de sport doivent être revalorisés (formation, rémunération, carrière…).
  9. Une politique de développement des installations sportives doit être encouragée. Elle doit être pilotée nationalement, par une structure réunissant les collectivités responsables avec toutes les composantes, scolaires, sportives, associatives, intéressées par le développement des pratiques sportives. Elle doit permettre d’échanger sur la conception des équipements au regard des besoins de chacun, de favoriser les implantations les plus judicieuses pour tous et de promouvoir une politique d’aide aux constructions, réhabilitations, transformations qui s’imposent.
  10. Pour un sport démocratisé. Le ministère chargé des sports doit impulser, avec les collectivités locales, une politique démocratique au service de la population ; le soutien des fédérations au développement des missions de service public doit s’accompagner du doublement des cadres mis à leur disposition. La politique actuelle d’externalisation et de privatisation larvée d’établissements et de missions doit être stoppée.
  11. Un encadrement qualifié. Le développement du sport sous toutes les formes de pratiques, la lutte contre les dérives qui le minent, nécessitent un encadrement qualifié ; les formations doivent être unifiées et les potentiels de formation des deux ministères (Education Nationale et Jeunesse et sports) doivent être rendus complémentaires.
  12. Le CNAPS doit être recomposé et jouer le rôle d’un vrai Conseil au service de l’impulsion de la politique sportive.

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Les réponses reçues

Le 12/04/07



 

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