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Paris, le 18 décembre 2000
Monsieur Michel LEBLANC
Inspecteur Général - groupe EPS
58, boulevard du lycée
92170 VANVES
Secrétariat pédagogique : MF
Tél. : 01 44 62 82 20/23
Fax :01 43 66 72 63
Mél : michel.fouquet@snepfsu.net
Monsieur l'Inspecteur Général,
Suite à la réunion du Comité de pilotage du 13 décembre 2000, nous vous prions de bien vouloir trouver ci-joint les propositions d'amendements du SNEP au projet de questionnaire en direction des
EPLE. Nous avons travaillé avec le souci de ne pas bouleverser le texte, et de ne pas l'alourdir ; nous avons par ailleurs justifié chaque proposition. Nous souhaitons donc que nos propositions soient intégrées au texte en préparation ; elles ont pour objectif de distinguer l'appréciation de la situation, des propositions à faire.
Nous vous faisons part ici de nos remarques concernant l'ensemble du projet que vous avez présenté le 29 novembre et le 13 décembre au Comité de pilotage, et le 1er décembre au CA de
l'UNSS.
Nous comprenons que pour diverses raisons, le titre " d'Assises des AS et du Sport Scolaire " n'ait pu être conservé. Ce sera donc une " Consultation Nationale sur le Sport Scolaire ". Nul n'ignore cependant ce que la décision de mettre en œuvre cette réflexion doit à la constance et à la pugnacité du SNEP depuis trois ans maintenant. C'est parce que nous voulons valoriser, promouvoir et dynamiser le sport scolaire, parce que les Assises représentent à notre sens une étape déterminante de ce processus, que nous avons insisté auprès des ministres et responsables successifs pour faire aboutir le projet. Nous revendiquons la paternité du projet, et nous nous considérons comme co-responsables de son déroulement et de son succès.
Le SNEP fera tout pour que le sport scolaire sorte plus fort de la consultation, conforté dans ses missions et valorisé dans son image au sein de la communauté éducative et de tous ses partenaires. Cet engagement a bien sûr une contrepartie : nous voulons être entendus lorsque nous demandons que le projet soit ambitieux ; il faut permettre à tous les militants du sport scolaire d'échanger, d'exprimer leurs idées, leurs difficultés, leurs critiques aussi, pour aller vraiment vers des améliorations. Nous savons tous que le sport scolaire et
l'UNSS ne manquent pas de critiques, qu'ils dérangent ou irritent par leur originalité, leur rayonnement, leur succès, parfois aussi par leurs dysfonctionnements. C'est pourquoi nous voulons travailler avec tous ceux qui croient à l'utilité d'un sport scolaire fort, dynamique, exemplaire pour d'autres pays.
Nous ne vous cachons pas que les premières propositions nous laissent très insatisfaits. Nous n'y retrouvons ni la lettre, ni l'esprit du projet initial. Celui-ci avait pourtant été élaboré collectivement, sous la responsabilité de la
DESCO. Quels sont les points principaux d'achoppement ?
1) Le questionnaire dans sa forme et les procédures imposées.
2) Le questionnaire dans son contenu.
3) Le statut très imprécis de l'espace de libre expression.
4) L'absence de volonté d'organiser la réflexion avec tous les responsables, aux différents niveaux de
l'UNSS.
5) L'absence, à ce jour, d'un document de cadrage traçant des perspectives ambitieuses pour le processus qui s'engage.
Par ailleurs, nous ne percevons pas, au niveau de la structure de l'UNSS, un réel enthousiasme pour cette consultation. Sans doute les enjeux sont-ils mal perçus, ou mal compris.
1) La forme du questionnaire pose de réels problèmes. Le souci de le rendre facilement exploitable en fait un document très " fermé ". Les questions circonscrivent certes l'ensemble du sujet, mais les réponses prérédigées, selon la technique du sondage, laissent peu de place à l'expression du pluralisme, et à l'idée même du débat. Si l'on ajoute que la consigne est de cocher une seule réponse, éventuellement deux, on perçoit vite le risque d'une consultation au résultat sans saveur, une consultation se résumant à des additions de chiffres 1 et 2, et des courbes et diagrammes qui ne diront rien de plus que ce que nous savons déjà pour l'essentiel.
Si encore on pouvait espérer que le questionnaire donne lieu à de riches débats dans les collèges et lycées. Mais il est à craindre que chacune des trois parties responsable de rédiger la réponse s'attache au produit (les réponses à cocher) en organisant une consultation minimale, voire pas de consultation du tout. On ne demande pas des avis, des idées, on demande aux élèves de décider où ils placeront leurs six " 1 " et " 2 ". De même pour le Bureau (sept " 1 " et " 2 "), et le chef
d'EPLE (cinq " 1 " et " 2 ").
Enfin, quand bien même on organiserait une sérieuse consultation des élèves, des enseignants
d'EPS, du CA ou de la CP, quand bien même on n'aurait pas comme principal objectif de décider de la réponse à privilégier parmi les 4 à 7 propositions, le débat sera " piloté " par le texte des réponses, qui dans sa rédaction actuelle, pose d'autres problèmes.
2) Les réponses proposées sont traversées par des implicites pour le moins réducteurs. Ainsi, le district est " convivial ", et s'oppose aux " championnats " qui éliminent les moins bons. La compétition, c'est l'élimination ; c'est le contraire du plaisir. L'activité associative se réduit aux " tâches d'organisation " mais les élèves " préfèrent être consommateurs d'activités sportives ".
L'UNSS calque le modèle fédéral, est un obstacle au fonctionnement des AS, et on pourrait s'en passer. Les structures sont formelles, et assez inutiles...
Sans doute, ces points de vue existent-ils, ici et là. Certains en font même leur " fond de commerce ". Il doivent apparaître dans le débat, mais pour être discutés, pas pour être soit " choisis " soit " éliminés " comme dans un sondage d'opinion.
Si des points de vue contradictoires existent, il faut pouvoir le dire, et surtout, pouvoir déterminer ce qui les fonde, quels problèmes ils posent, et comment on peut les gérer au bénéfice du plus grand nombre de jeunes. Outre les implicites cités plus haut, on doit s'interroger sur les modes de fonctionnement des diverses instances, du niveau AS jusqu'au niveau UNSS Nationale. Il faut faire plus que photographier une situation ou figer un point de vue choisi de façon aléatoire. Il faut analyser, comprendre, rapporter à un contexte, à des finalités, et tracer des perspectives. Ce n'est pas ce que propose le questionnaire. Il faut donc regarder au delà du questionnaire.
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3) L'espace de libre expression : On ne sait pas vraiment ce qui sera proposé. Une page dactylographiée, sans cadre de réflexion, où chacun (ou un groupe ?) dira ce qu'il pense, ce qu'il a sur le cœur, puisqu'il n'aura pas pu le faire avec le questionnaire. On est là face à deux procédures complètement opposées : la première complètement fermée, facile à dépouiller, mais qui ne dira pas grand chose ; la seconde complètement ouverte, qu'on aura du mal à exploiter (même si on n'a pas l'ambition d'en faire une synthèse).
Comment donc exploiter au mieux ces contributions libres ? Il nous semble que le niveau départemental devrait être central. Nous proposons que le CD UNSS élargi à l'ensemble des délégués de districts ait la responsabilité de rassembler les contributions, d'en analyser le contenu, d'essayer de dégager des problématiques (qu'est-ce qui concerne le niveau AS, district, départemental, académique, national ?), de retourner éventuellement à chaque niveau les problèmes particuliers. Il est indispensable que, dans une deuxième phase, un travail collectif de ce groupe envisage quelles transformations ou évolutions des modes de fonctionnement sont à même de rendre le sport scolaire plus efficace par rapport à ses missions et aux attentes des jeunes. Quel projet
d'AS, de district, départemental ?
Est-il possible d'envisager que l'ensemble des contributions " remonte " au niveau national ? C'est en tout cas souhaitable. On peut imaginer que chaque contribution soit photocopiée, envoyée au Comité de pilotage (DESCO,
UNSS, IG ?). Il y aurait alors possibilité d'un traitement des problématiques générales abordées par thèmes, et non plus sur une logique géographique. Traitement compliqué, mais sans doute plus riche que celui du questionnaire… Traitement qui serait facilité si l'on donnait à cet espace de libre expression un cadre minimum (du type du questionnaire élaboré en mai 98 par le groupe piloté par la
DESCO).
On aurait donc là une mise en activité de réflexion et de propositions de l'ensemble des acteurs du sport scolaire, par le biais de la partie " libre expression " de la consultation.
4) Nous ne pouvons imaginer en effet que la consultation nationale puisse ne pas concerner les acteurs essentiels que sont les districts, les délégués de district et les cadres de
l'UNSS. Les propositions faites plus haut répondent à cette exigence. On peut peut-être imaginer que les réponses au questionnaire, centralisées du fait de la formule
internet, redescendent en copie à chaque DD UNSS. L'outil informatique permet sans doute par ailleurs de traiter les réponses sur une base géographique : (Quelle synthèse des réponses au questionnaire du département de la Haute Saône, de l'académie de Besançon ?)
La consultation ne peut être réduite à un questionnaire EPLE, au travail d'un groupe minimal académique sur les libres expressions, et à quelques auditions du groupe de pilotage. Il faut lui donner du souffle, et c'est ce que nous attendons en particulier du texte de cadrage à venir.
5) Le Ministre a accepté le principe des Assises des AS et du sport scolaire. Il doit s'engager, dans une lettre de cadrage ambitieuse, qui pointe les grandes problématiques du sport scolaire, avec une partie spécifique au second degré, organise les formes et la chronologie de la consultation nationale et lui donne des perspectives. De la tonalité de la lettre du Ministre, dépend l'engagement de toutes les forces du sport scolaire. Cela concerne tant le niveau de chaque
EPLE, que celui de la structure UNSS.
Nous souhaitons que le sens de notre intervention soit entendu. C'est d'abord dans les décisions qui seront prises dans les jours prochains que se joue la réussite de la Consultation Nationale. Il faudra ensuite mobiliser les forces disponibles, en gardant à l'esprit que chacun, à sa place, a déjà beaucoup à faire pour que
l'AS et l'UNSS vive au quotidien. La surcharge de travail ne sera acceptable que si le projet trace des perspectives d'amélioration, et si on dégage du temps et des moyens pour la réflexion et le travail collectifs.
Nous restons à votre disposition pour travailler sur l'ensemble du projet, et vous prions d'agréer, Monsieur l'Inspecteur Général, l'expression de nos meilleurs sentiments.
Jean
LAFONTAN
Secrétaire Général |
Michel
FOUQUET
Secrétaire national |
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27/08/06
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