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P comme...

Papoter

«Elles papotent, ils gigotent»() , beaucoup de professeur-es d’EPS ont rencontré dans leur formation les textes d’Annick Davisse. Une rencontre qui marque et peut transformer à vie sa façon de voir les enfants. Ce texte reste pour de nombreux-euses militant-es un coup de cœur des lectures incontournables dans la formation d’un-e enseignant-e d’EPS.  Un texte à relire ou une chance pour celui ou celle qui ne l’aurait pas encore lu.

 

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P comme...

Parité

Parité : Égalité de représentation des hommes et des femmes en politique.

L’idée n’est pas de nommer des personnes à des postes à responsabilité grâce à leur sexe, mais bien d’arrêter de leur fermer ces opportunités à cause de leur sexe1
En France, la parité est inscrite dans la constitution depuis 1999. Elle a été mise en œuvre pour la première fois lors des élections municipales de mars 2001 pour les communes de plus de 3 500 habitants.

Depuis l’instauration du suffrage « universel » (sic !) en 1848, les femmes ont du batailler longuement et ardemment pour accéder aux mêmes droits civils et civiques que les hommes. N’oublions pas qu’il faut  «  attendre » le 27 octobre 1946 pour que, dans  le préambule de la constitution, soit inscrit que "la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme" (art.3)

Ainsi, au 20ème  siècle, les femmes acquièrent des droits qui changent radicalement leur vie : droit à la contraception (1967), à l’IVG (1974), droit de vote (1944), égalité professionnelle (1983) (au moins dans les textes), abandon de la notion de chef de famille (1965) mixité scolaire (1975)
Pourtant, encore aujourd’hui, l’accès des femmes aux mandats électifs reste très faible.

95% des départements sont dirigés par des hommes,
1 seule femme est présidente de région,
25% de femmes siègent au Sénat, 26,9% à l’assemblée nationale ce qui place la France au 34ème rang mondial, ente le Tunisie et l’Afghanistan. Parmi elles, rares sont celles issues des catégories d’employées ou d’ouvrières !

En 1999, après de nombreux débats, une modification de la constitution  favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. La parité, instrument  législatif, est dorénavant inscrite dans la loi et permet au gouvernement de prendre des mesures afin que les femmes soient mieux (plus) représentées dans les instances politiques.

Sur quoi portait  la controverse ? Fallait-il des mesures coercitives, une loi pour corriger les inégalités ?
Pour certain-e-s, la loi serait une forme de bienveillance à l’égard des femmes indépendamment de la question des compétences. Pour elles-eux, l'affirmation de la neutralité de l'universel, en particulier du droit reste la voie la plus juste pour l’accès à l’égalité. Mais cela justifiait de fait l'exclusion des femmes, renvoyant aux calendes grecques le règlement de la situation. 

Pour Geneviève Fraisse (philosophe),  au contraire,  la parité est l’étape ultime de l’égalité, parce qu’elle concerne le partage du pouvoir2 .Pour elle, compte tenu de la lenteur avec laquelle les droits des femmes ont été acquis, il n’y a aucune chance d’avancer  seulement en attendant un « progrès spontané ». La parité est alors un outil  pour fabriquer de l’égalité. Et si la question des compétences a été un argument anti loi  prétextant qu’on ne pouvait choisir un individu à cause (grâce à) de son sexe, il faut sans doute rappeler que c’est surtout le regard porté sur les femmes par la société qui les discrédite depuis fort longtemps dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique.

Selon les pays, la parité n’a pas la même fonction. Aux Etats Unis, par ex, la politique des quotas garantit que chaque « groupe » soit représenté. Rien de tel en France où la loi  témoigne d’abord que femmes ou hommes  sont à même de représenter l’ensemble des citoyen-ne-s. La parité reste ainsi  le meilleur moyen d’accéder à l’universel parce que femmes et hommes accèdent ainsi aux plus hautes fonctions représentatives de l’ensemble de la société.

Le partage à égalité du pouvoir de décision et de représentation est donc un enjeu démocratique fondamental.

Cela est vrai pour toutes associations, mouvements ou organisations, dont les syndicats. Si ceux-ci se fixent souvent des objectifs d’égalité, aucune loi ne vient cependant perturber l’ordre social… sexué. Comme l’exprime Yannick le Quentrec, les rapports de domination s’actualisent  au sein même des syndicats3. Il s’agit alors pour les syndicats de créer leurs propres outils pour faciliter et promouvoir un militantisme respectueux de la composition sociologique de leurs adhérent-e-s et ainsi prendre en charge les revendications spécifiques liées à la situation inégalitaire vécue encore par la majorité des femmes. Pour elles, il s’agit également de considérer que chacune est à même d’assumer des responsabilités et « que les compétences  ne précèdent pas l’engagement mais en sont les produits».4 

Nina Charlier


1 Clémence Bodoc, site internet « madmoizelle.com », 2015 

2 Fraisse, Geneviève, A côté du genre, Paris, Au bord de l’eau, 2010 

3Le Quentrec Yannick, «Militer dans un syndicat féminisé : la sororité comme ressource », in  Travail, genre et société, n°31, 2013

4 Idem

 

 

 

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