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K comme...

Kilo

De nos jours, le kilo a une caractéristique bien particulière : il est superflu. Quel que soit l’angle de vue, il est en trop. Et c’est probablement, au monde, la seule chose que l’on aime perdre. On ne veut se séparer de rien de ce qui nous entoure et fait notre monde. Mais ce qui entoure nos ventres ou nos fesses, si. Seulement voilà, le kilo est très très inégalitaire, dans l’imaginaire social fabriqué de toute pièce par le capitalisme de consommation de masse. La publicité, dont c’est le bras armé,  démarre ainsi : « pour perdre quelques kilos superflus… »  Et on voit : une femme !

Vous pouvez faire le test. Ce sont les femmes qui mangent des yaourts allégés, des céréales allégées, du beurre sans beurre, du sucre sans sucre. Ce sont les femmes qui mettent des crèmes amincissantes le soir pour, en dormant, perdre quelque centimètres de tour de taille. Ce sont les femmes qui visent le ventre plat à coup d’électrostimulation. Et ce sont les femmes qui, au bout du compte, sont anorexiques-boulimiques.
L’homme, globalement, peut avoir du bide… c’est même pratique, ça sert d’oreiller.

Pourquoi ? Pourquoi, alors qu’il y a sur ce bas monde grosso modo autant d’hommes que de femmes, donc autant de consommateurs potentiels de chaque côté du sexe, la publicité a préféré la femme pour vendre des kilos en moins ? C’est profondément injuste. Pourquoi les hommes n’y auraient pas droit ? Certes, on peut dire que c’est faux. Il y a un parc d’hommes consommateurs de crème amincissante. Mais pas trop de pub, ils font ça en cachette. La société de consommation a ses limites quand même.

Peut-on changer la donne ? On peut commencer par en finir avec le capitalisme, qui vend, à coup de publicités mensongères, des choses inutiles et dangereuses à terme pour la santé. Ça, c’est le plus facile. Mais ensuite ?

Christian Couturier

 

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