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I comme...

I.V.G

L’interruption volontaire de grossesse : naissance d’une liberté
IVG : La loi (article L.2212-1 du Code de la santé publique) permet à toute femme enceinte, majeure ou mineure, qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. Seule la femme concernée peut en faire la demande.

Au cours du XXe siècle, le droit à l’avortement est une conquête majeure des femmes, le fruit d’un long combat pour leur droit à disposer de leur corps. Ce droit est un élément structurant de l’égalité entre les sexes, les femmes pouvant alors choisir le temps de leur maternité en maitrisant leur fécondité et leur sexualité, longtemps  entravée par le risque d’une grossesse non désirée.

Chacun-e aura retenu le 17 janvier 1975 comme date majeure pour cet acquis. Ce serait cependant oublier la longue marche jusqu’à la promulgation de la loi Veil qui autorise et médicalise l’avortement (dans un premier temps… pour 5 ans seulement). Cette loi n’abolit pas la loi de 1920 (la contraception et l’avortement sont un délit, passibles de la peine de mort sous Pétain). L’avortement reste interdit aux femmes étrangères, et n’est pas remboursé. La loi est votée définitivement en  1979-80.  En 1967, une première loi autorisant la contraception ouvre la voie à  de nouveaux acquis (remboursement en 1974). En  1970, l’IVG est autorisée pour les femmes violées, en danger ou malformation de l’embryon. Le 5 avril 1971, 343 femmes ordinaires et célèbres déclarent avoir avorté. En novembre 1972, le  procès de Marie-Claire, violée à 16 ans, et de sa mère, défendues par Gisèle Halimi est retentissant et crée un nouvel élan pour ce combat. Le planning familial pratique des avortements clandestins et le MLAC apprend les techniques pour le faire.

Après plusieurs décennies et malgré la loi sur le délit d’entrave de 1993 (rarement appliqué), l’IVG reste un acquis fragile et son accès un parcours de combattante. La tentation est toujours grande pour les pourfendeurs de l’égalité de « reprendre la main » sur les droits des femmes à disposer de leur corps. La mise en place dans les hôpitaux est longue et se heurte à la désapprobation de nombreux membres du corps médical. Les centres IVG ferment, des inégalités d’accès se creusent (zones rurales). Il faut attendre 1982 (loi Roudy) pour autoriser le remboursement de l’IVG et 2012 pour la prise en charge à 100% par l’assurance maladie. D’autres acquis complètent ces dispositifs : l’IVG médicamenteuse (2004), l’allongement du délai à 12 semaines, suppression de l’entretien préalable avec un psychologue, pilule du lendemain (2001) que les infirmières conseillères de santé des lycées peuvent donner, la suppression de l’autorisation des parents pour les mineures.

La loi doit encore être élargie : augmentation du délai à 14 semaines, suppression du délai de réflexion qui allonge inutilement le délai d’intervention…

Nina Charlier

Tour d’horizon en Europe1

Les pays où l'avortement est légal 
La plupart des Etats membres de l'Union européenne autorisent l'avortement, en moyenne jusqu'à douze semaines de grossesse. C'est le cas de la France, de l'Allemagne, de la Belgique, et même de pays à tradition catholique comme l'Italie et le Portugal... Et l'Espagne, jusqu'ici. Aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, l'IVG est pratiquée jusqu'à 24 semaines.  


Les pays où l'avortement est restreint 
La Pologne, l'Irlande et Chypre ont des approches beaucoup plus restrictives. En Pologne, l'IVG ne peut être pratiquée qu'en cas de viol, d'inceste, de malformation du fœtus ou de mise en danger de la femme. L'avortement a été dépénalisé en Irlande l'été dernier, mais uniquement en cas de risque réel et substantiel pour la femme. Et à Chypre, il n'est toléré qu'en cas de viol ou d'inceste.
Le pays où l'avortement est illégal
Un pays européen interdit toujours l'avortement : Malte, où il est considéré comme un délit et passible de 18 mois à trois ans d'emprisonnement. En Europe, le droit à l'IVG reste donc une prérogative nationale. Les députés européens l'ont rappelé en décembre dernier. Le Parlement Européen a en effet refusé de faire de l'avortement un droit européen.

1Site internet France inter 2015

 

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